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BLOG BIS ASSOCIATION - ECOLE POUR TOUS-MADAGASCAR ET MADAGASCAR ET SON GRAND SUD

Égalités des chances pour tous les enfants du monde.

MADAGASCAR ET SON GRAND SUD

CONCLUSION MUSIQUE ET SIKIDY



L'ÉMOTION MUSICALE EST-ELLE DE L'ORDRE DES QUALITÉS ACOUSTIQUES IMMÉDIATES DU SON, OU PLUTÔT DE CELUI D'UNE ÉLABORATION INTELLIGIBLE DE LA FORME ? » TELLE EST LA QUESTION QUE NOUS POSIONS EN INTRODUCTION AU PRÉSENT RAPPORT. LE TRAVAIL MENÉ DURANT LES DEUX ANNÉES ÉCOULÉES, DONT CE RAPPORT PROPOSE UN PREMIER BILAN, NOUS A MONTRÉ QUE LES ASPECTS FORMELS INTELLIGIBLES DE CERTAINES MUSIQUES DE TRADITION ORALE MÉRITENT UNE ÉTUDE MATHÉMATIQUE AUSSI POUSSÉE QUE CELLES QUE L'ON DÉPLOIE DANS L'ÉTUDE DES SYMÉTRIES OU DES PROPRIÉTÉS TOPOLOGIQUES DE FIGURES APPARAISSANT DANS CERTAINES TRADITIONS D'ARTS DÉCORATIFS.


LES DEUX EXEMPLES MUSICAUX ÉTUDIÉS DANS LA PREMIÈRE PARTIE, FORMULES DE HARPES NZAKARA EN CANON D'UNE PART, ET RYTHMES ASYMÉTRIQUES AKA D'AUTRE PART, CONSTITUAIENT DES CAS SIGNIFICATIFS DANS LESQUELS L'ÉLABORATION FORMELLE DÉPASSE LE STADE COGNITIF ÉLÉMENTAIRE. DANS LES DEUX CAS, LES ANALYSES QUE NOUS AVONS PROPOSÉES S'EXPRIMAIENT EN TERMES COMBINATOIRES. IL S'AGISSAIT À CHAQUE FOIS DE PROCÉDER À DES ÉNUMÉRATIONS, À PARTIR D'ÉLÉMENTS DIVERSEMENT COMBINÉS, EN CHERCHANT PARMI LES INNOMBRABLES COMBINAISONS POSSIBLES CELLES QUI ÉTAIENT CARACTÉRISÉES PAR UNE CERTAINE PROPRIÉTÉ FORMELLE. CHACUNE DE CES ÉNUMÉRATIONS A MONTRÉ QUE LES COMBINAISONS VÉRIFIANT LA PROPRIÉTÉ ÉTUDIÉE ÉTAIENT RARES, ET QUE LA PLUPART D'ENTRE ELLES ÉTAIENT ATTESTÉES DANS LE CORPUS . ON SE TROUVAIT DANS LES DEUX CAS EN PRÉSENCE D'UN ESPACE COMBINATOIRE « RARÉFIÉ », QUE LA TRADITION ORALE SEMBLAIT AVOIR EXPLORÉ DE MANIÈRE RATIONNELLE, C'EST-À-DIRE EN FAISANT L'INVENTAIRE QUASI EXHAUSTIF DE SES ÉLÉMENTS. CE QUI CONSTITUE UN FAIT REMARQUABLE, CAR SI CES ÉLÉMENTS AVAIENT ÉTÉ CHOISIS AU HASARD, LA PROBABILITÉ POUR QU'ILS TOMBENT À L'INTÉRIEUR DE L'ESPACE RARÉFIÉ AURAIT ÉTÉ QUASI NULLE.


POUR DONNER À CE TYPE D'ÉTUDE UNE PORTÉE COGNITIVE, IL FAUDRAIT QUE LES GENS EUX-MÊMES PARLENT DE CES PROPRIÉTÉS, CE QUI N'ÉTAIT PAS LE CAS DANS LES EXEMPLES MUSICAUX ÉTUDIÉS. NOTRE OBJECTIF EST DONC DE DÉTERMINER À QUEL NIVEAU DE COGNITION SE SITUENT LES PROPRIÉTÉS QUE L'ON DÉCRIT, POUR LES GENS CONCERNÉS EUX-MÊMES. DANS L'EXEMPLE DES DESSINS VANUATU, ON A VU QUE LA RÈGLE DE TRAÇAGE AVEC UNE LIGNE CONTINUE, C'EST-À-DIRE AVEC CE QUE LES MATHÉMATICIENS APPELLENT UN « CHEMIN EULÉRIEN » DANS UN GRAPHE, EST EXPLICITEMENT ÉNONCÉE DANS CERTAINS ÉLÉMENTS DE LA MYTHOLOGIE. MAIS DANS LE CAS GÉNÉRAL, LES PROPRIÉTÉS DONT IL A ÉTÉ QUESTION S'APPLIQUENT À DES FORMES VISUELLES OU MUSICALES, MAIS NE CONCERNENT PAS DIRECTEMENT LA MANIÈRE DONT CES FORMES SONT PRODUITES. POUR PROLONGER L'ÉTUDE JUSQUE DANS LE CHAMP COGNITIF, IL EST INDISPENSABLE DE PROCÉDER À DE NOUVELLES INVESTIGATIONS SUR LE TERRAIN, EN ESSAYANT DE METTRE EN PLACE UN PROTOCOLE D'ENQUÊTE SUR LA MANIÈRE DONT LES GENS CONCEPTUALISENT LE CONTENU MATHÉMATIQUE INHÉRENT À LEUR PRATIQUE. C'EST CE QUE NOUS AVONS COMMENCÉ À FAIRE AU COURS DE NOTRE MISSION À MADAGASCAR.


LE CHOIX DE MADAGASCAR COMME TERRAIN D'ENQUÊTE REPOSAIT SUR LA CONJONCTION DE DEUX CONDITIONS FAVORABLES : ON Y TROUVE D'UNE PART UNE PRATIQUE MATHÉMATIQUE (LA DIVINATION PAR LE SIKIDY) PROPICE À UNE ENQUÊTE AU NIVEAU COGNITIF DÉCRIT PLUS HAUT, ET D'AUTRE PART UNE MUSIQUE TRADITIONNELLE RICHE ET VIVANTE (NOTAMMENT EN CE QUI CONCERNE LA VALIHA). LA DIVINATION PAR LE SIKIDY EST UN SUJET PRIVILÉGIÉ POUR ABORDER L'ASPECT COGNITIF DE NOTRE PROBLÉMATIQUE, EN ESSAYANT DE DÉGAGER LES CONCEPTS AVEC LESQUELS LES DEVINS DÉCRIVENT LES PROPRIÉTÉS MATHÉMATIQUES DU SIKIDY. LE FAIT QUE CES PROPRIÉTÉS MATHÉMATIQUES SOIENT BIEN CONNUES PAR LES DESCRIPTIONS SPÉCIALISÉES QUI EN ONT ÉTÉ FAITES CRÉAIT DES CONDITIONS FAVORABLES À CETTE ENQUÊTE. ON A VU QUE LA PRATIQUE DU SIKIDY COMPORTE, COMME LES EXEMPLES MUSICAUX ÉTUDIÉS DANS LA PREMIÈRE PARTIE, L'ÉNUMÉRATION DE CONFIGURATIONS REMARQUABLES VÉRIFIANT CERTAINES PROPRIÉTÉS FORMELLES (QUALIFIÉES DE TOKAN-SIKIDY), ET CONSTITUANT CE QU'ON POURRAIT APPELER UN « SOUS-RÉPERTOIRE » DE CONFIGURATIONS GÉOMANTIQUES. ON A VU QUE LES DEVINS S'EXERCENT EXPLICITEMENT À ÉNUMÉRER CES CONFIGURATIONS, ALLANT MÊME JUSQU'À LES NOTER DANS UN CARNET. ICI L'ESPACE COMBINATOIRE N'EST PAS RARÉFIÉ, MAIS AU CONTRAIRE PLÉTHORIQUE. IMPOSSIBLE DE L'EXPLORER « À LA MAIN » DE FAÇON EXHAUSTIVE ! C'EST D'AILLEURS UN ÉLÉMENT DU PRESTIGE D'UN DEVIN QUE DE POUSSER L'EXPLORATION LE PLUS LOIN POSSIBLE, POUR CONNAÎTRE LE PLUS GRAND NOMBRE DE TOKAN-SIKIDY.


LA MUSIQUE DE LA CITHARE MALGACHE CONSTITUAIT ÉGALEMENT UN SUJET PROPICE À NOTRE TRAVAIL. CET INSTRUMENT BIEN CONNU A DÉJÀ FAIT L'OBJET DE NOMBREUSES RECHERCHES, MAIS SON « RÉPERTOIRE » NE SEMBLE PAS ENCORE AVOIR FAIT L'OBJET D'UNE DESCRIPTION SYSTÉMATIQUE. IL Y A DONC UN TRAVAIL À FAIRE SUR LA CLASSIFICATION DU RÉPERTOIRE DES AIRS JOUÉS À LA CITHARE, ET LA MISE EN ÉVIDENCE DE SES PROPRIÉTÉS FORMELLES. UNE FOIS CES PROPRIÉTÉS ÉTABLIES, L'ENQUÊTE POURRA ENSUITE SE PROLONGER PAR UNE ÉTUDE PLUS COGNITIVE SUR LA MANIÈRE DONT LES GENS EN PARLENT, EN S'INSPIRANT DES MÉTHODES QUI AURONT ÉTÉ MISES AU POINT À PROPOS DU SIKIDY.


L'ÉTUDE DE LA CITHARE SUR CAISSE MAROVANY PRÉSENTE UN INTÉRÊT SUPPLÉMENTAIRE PAR LE FAIT QUE SA MUSIQUE EST UTILISÉE DANS LE CULTE DE POSSESSION TROMBA. CETTE FONCTION DÉTERMINE SANS DOUTE CERTAINES CARACTÉRISTIQUES DE SON RÉPERTOIRE. D'ABORD, IL EST PROBABLE QUE DES AIRS DE MAROVANY SONT ASSOCIÉES À DES DIVINITÉS, CAR LES MUSIQUES DE POSSESSION PRENNENT SOUVENT LA FORME DE DEVISES IDENTIFICATOIRES. UNE PARTIE AU MOINS DU RÉPERTOIRE POURRAIT DONC SE PRÉSENTER COMME UNE TABLE D'ASSOCIATION ENTRE AIRS MUSICAUX ET DIVINITÉS. ENSUITE, IL EST POSSIBLE QUE LA MUSIQUE PARTICIPE À L'EFFERVESCENCE PROPICE AU DÉCLENCHEMENT DE LA TRANSE, EN CONTRIBUANT À FAIRE « CHAUFFER » L'ATMOSPHÈRE. LE MOYEN MUSICAL DE CET ÉCHAUFFEMENT EST PEUT-ÊTRE L'UTILISATION DE FORMULES INSTRUMENTALES JOUÉES SELON UNE PROGRESSION JUDICIEUSEMENT CONTRÔLÉE PAR LE MUSICIEN. DANS CE CAS, IL SERAIT INTÉRESSANT DE FAIRE L'INVENTAIRE DE CES FORMULES. C'EST LA RAISON POUR LAQUELLE NOUS AVONS LE PROJET D'ÉQUIPER AVEC DES CAPTEURS MIDI LA MAROVANY QUE NOUS AVONS RAMENÉE DE MADAGASCAR. CELA PERMETTRAIT D'ÉNUMÉRER FACILEMENT LES FORMULES JOUÉES PAR UN MUSICIEN, ET D'ENREGISTRER PRÉCISÉMENT LEUR PROGRESSION DANS LA PRÉPARATION DE LA TRANSE. ON POURRAIT ÉGALEMENT MESURER, À L'AIDE D'UN PROGRAMME INFORMATIQUE, DES « INDICES DE RENOUVELLEMENT » DU JEU D'UN MUSICIEN, AFIN DE CARACTÉRISER LA MANIÈRE DONT IL INJECTE DE NOUVEAUX ÉLÉMENTS DANS SA MUSIQUE POUR EN RELANCER L'INTÉRÊT ET LA FAIRE « CHAUFFER ». LES PRÉPARATIFS NÉCESSAIRES À CETTE NOUVELLE ÉTAPE DE NOTRE RECHERCHE SONT DÉJÀ EN COURS, ET UNE DEUXIÈME MISSION DE TERRAIN À MADAGASCAR EST PROGRAMMÉE DÈS QU'ILS SERONT ACHEVÉS.

MADAGSCAR ET SON GRAND SUD

Taille de paragrapheTaille de paragrapheL'ANDROY


L’ANDROY S’ÉTEND ENTRE LE COURS DE LA MENARANDRA, À L’OUEST, ET LES PREMIERS CONTREFORTS DE L’ANOSY, À L’EST. A L’EXCEPTION DU BAS MANDRARE, MIS EN VALEUR DEPUIS LES ANNÉES 1930 PAR DE VASTES PLANTATIONS DE SISAL INDUSTRIEL, LA VÉGÉTATION DE L’ANDROY EST CELLE D’UNE RÉGION SUBARIDE.
DANS LE BAS ANDROY (AU SUD), TRÈS SEC, LES GRÈS CALCAIRES MARINS OU DUNAIRES QUATERNAIRES RESTANT DOMAINE DU BUSH ET DE LA STEPPE, TANDIS QUE DANS LE HAUT ANDROY (AU NORD), PLUS HUMIDE, LE SOCLE CRISTALLIN ET DES TERRAINS D’ORIGINE VOLCANIQUE FAVORISENT UNE SAVANE ARBORÉE.

PARADOXALEMENT, LE SUD EST PLUS PEUPLÉ QUE NORD – MAIS TOUT EST RELATIF : SEULEMENT UN PEU PLUS DE DIX HABITANTS AU KILOMÈTRE CARRÉE…
LE TRACÉ DE LA RN 10, DE BELOHA À AMBOASARY, VIA TSIHOMBE ET AMBOVOMBE (TOPONYMES QUI MARQUENT LA PRÉÉMINENCE SOCIORELIGIEUSE DE L’ÉLEVAGE, OMBY SIGNIFIANT (« ZÉBU »), SUIT PLUS OU MOINS LA FRONTIÈRE ENTRE LES DEUX ANDROY.

SI LA SÉCHERESSE SÉVIT LA MAJEURE PARTIE DE L’ANNÉE DANS CETTE CONTRÉE MÉRIDIONALE, LES ORAGES DE LA SAISON SÈCHE (DÉCEMBRE – AVRIL) ET LES AVERSES DE JUILLET, DE TYPE MÉDITERRANÉEN, PEUVENT RÉSERVER DE MAUVAISES SURPRISES AUX AUTOMOBILISTES EN TRANSFORMANT PLUSIEURS JOURS DURANT CERTAINS TRONÇONS DE LA NATIONALE EN BOURBIERS.

ANDROY, LE PAYS DES EPINES.
TROIS ARBUSTES SONT CHERS AUX ANTANDROY : LE FANTSIHOLITRA (ALLUAUDIA PROCERA), LE ROY (MIMOSA DELICATULA), ÉPINEUX QUI A DONNÉ SON NOM À LA RÉGION ET À SES HABITANTS, ET LE RAIKETA (OPUNTIA DILLENII) OU FIGUIER DE BARBARIE.

INTRODUITS DANS LE SUD MALGACHE PAR LE COMTE DE MODAVE AU XVIIIE SIÈCLE, LES RAIKETA COUVRAIENT JADIS DE VASTES ÉTENDUS, CONSTITUANT UNE VÉRITABLE MANNE EN PÉRIODE DE DISETTE. LES FIGUES NOURRISSAIENT LES HOMMES ET LES FEUILLES DÉBARRASSÉES LEURS ÉPINES PAR UN PASSAGE AU FEU, LES BÊTES.

EN DRESSANT DES HAIES PRATIQUEMENT INEXTRICABLES AUTOUR DE LEURS VILLAGES À L’AIDE DE CES PLANTES CHARNUES ET ÉPINEUSES, LES ANTANDROY PURENT RÉSISTER JUSQU’EN 1905 À LA COLONISATION FRANÇAISE.
MAIS, DANS LES ANNÉES 1920, SUR LE CONSEIL DU BOTANISTE PERRIER DE LA BATHIE, LES FRANÇAIS INTRODUISIRENT UNE COCHENILLE QUI DÉTRUISIT PRESQUE TOUS LES FIGUIERS DE BARBARIE EN QUELQUES MOIS, NON SANS PROVOQUER UNE FAMINE CATASTROPHIQUE.

DANS CE PAYS OÙ L’ÉLEVAGE DES ZÉBUS ET DES CHÈVRES S’AJOUTE À UNE MAIGRE AGRICULTURE VIVRIÈRE, LA QUESTION DE L’EAU RESTE CRUCIALE.

LES RIVIÈRES ÉTANT LE PLUS SOUVENT INTERMITTENTES, IL FAUT PUISER UNE EAU LÉGÈREMENT SAUMÂTRE À DES TROUS CREUSÉS DANS LE SABLE ET APPROFONDIS CHAQUE JOUR. A LA FIN DE SAISON SÈCHES, ON FAIT LA QUEUE AU BORD DU SEUL ET DERNIER « PUITS », ENTRETENU ET RECREUSÉ SANS CESSE À GRAND-PEINE PAR TOUT LE VILLAGE. CES VOVO (« TROUS D’EAU ») SONT PLUS QUE PROVIDENTIELS …
POUR PARAPHRASER JEAN FÉNIÈS, ANCIEN ADMINISTRATEUR COLONIAL, « LA SÉCHERESSE DÉTERMINE L’ÉVAPORATION HUMAINE ». SELON UNE LONGUE TRADITION, QUAND ELLE VIENT À SÉVIR, LES ANTANDROY ABANDONNENT LEUR VILLAGE POUR S’INSTALLER À TOLIARA (TULÉAR, SE FAISANT, POUR NOMBRE D’ENTRE EUX, TIREURS DE POUSSE-POUSSE), DANS TOUT L’OUEST JUSQU’À ANTSIRANANA. (DIÉGO SUAREZ), VOIRE SUR LES HAUTES TERRES. CERTAINS ONT MÊME ÉMIGRÉ À VILON'ANDROY, UN GROUPE MONDIALEMENT RECONNULA RÉUNION DANS LES ANNÉES 1920-1940.
DEPUIS LES ANNÉES 1990, LE FONDS EUROPÉEN DE DÉVELOPPEMENT (FED), LA FOOD AND AGRICULTURE ORGANIZATION (FAO) ET MAINTES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES (ONG) DÉPLOIENT DANS L’ANDROY UNE ACTIVITÉ SANS PRÉCÉDENT, MAIS ENCORE BIEN INSUFFISANTE, POUR TENTER DE RATIONALISER LA GESTION DES MAIGRES RESSOURCES EN EAU (FORAGE DE PUITS, DE CANAUX D’IRRIGATION, CONSTRUCTION D’IMPLUVIUMS…).
EN DÉPIT DE LEUR RUDE EXISTENCE, LES ANTANDROY, SOLIDES TRAVAILLEURS, PRÉSERVENT AVEC FORCE LEUR IDENTITÉ. DOUÉS DE RÉELS DONS ARTISTIQUES, ILS SONT RENOMMÉS POUR LEUR TALENT MUSICAL ET LEURS CHANTS RYTHMÉS.
DE TRANOROA À TSIHOMBE
BELOHA (61 KM AU SUD DE TRANOROA)
LES ÉTALS DU MARCHÉ DE CETTE VILLE-ÉTAPE ENVAHIE PAR LES SABLES RAPPELLENT LA PAUVRETÉ DE CETTE RÉGION FRAPPÉE PAR LES SÉCHERESSES: ON N’Y VEND QUE DES FIGUES DE BARABARIE.
SIHOMBE (55KM AU SUD DE BELOHA).
LE RELAIS DE TRANSMISSION HERTZIENNE DE TSIHOMBECETTE VILLE, QUI SE SIGNALE DE LOIN PAR SON RELAIS DE TRANSMISSIONS HERTZIENNES, S’ORDONNE AUTOUR D’UNE PETITE PLACE ENTOURÉE DE GARGOTES SUR LAQUELLE DONNE L’HÔTEL DE VILLE ET LE MARCHÉ.

MINES DE SAPHIRS
EN SE RENSEIGNANT AUPRÈS DU CONSEIL MUNICIPAL DE TSIHOMBE, IL EST POSSIBLE DE VISITER LES MINES DE SAPHIRS D’EAU À TRENTE MINUTES DE ROUTE À TRAVERS LE BUSH, EN SUIVANT LA PISTE QUI PASSE DEVANT LE TEMPLE PROTESTANT.

LES MINEURS ONT ÉRIGÉ LEURS PAILLOTES SUR UNE COLLINE ET, DANS LA COUR DE CHACUNE D’ELLES, DES FEMMES TRIENT LES PIERRES D’UN BLEU DENSE EN LES ÉTUDIANT À LA LUMIÈRE DU SOLEIL.
LE LAGON DE BETANTY
BETANTY (30KM AU SUD DE TSIHOMBE, PAR UNE PISTE BIEN ENTRETENUE ET JALONNÉE DE TOMBEAUX)
BETANTY DOIT SON ANCIEN NOM DE « FAUX CAP » AUX CARTOGRAPHES PORTUGAIS QUI, IL Y A CINQ SIÈCLES, PRIRENT LE SITE POUR LA POINTE MÉRIDIONALE DE MADAGASCAR, EN RÉALITÉ TANJONA VOHIMENA (CAP SAINTE-MARIE).

SA LONGUE PLAGE DE SABLE FIN ET SON LAGON TRÈS SÛR ONT FAIT DE BETANTY UNE AGRÉABLE PETITE VILLÉGIATURE.

ON PEUT ACHETER DE BELLES LANGOUSTES AUX PÊCHEURS, FAIRE DES EXCURSIONS EN PIROGUE SUR LE LAGON – ET AINSI OBSERVER, D’AVRIL À NOVEMBRE, LES BALEINES QUI PASSENT AU LARGE – ET DES RANDONNÉES JUSQU’À TANJONA VOHIMENA (CAP SAINTE-MARIE) EN BIVOUAQUANT SUR LES PLAGES.

TANJONA VOHIMENA (CAP SAINTE-MARIE). A 50 KM AU SUD – OUEST DE TSIHOMBE.
CE SITE BATTU PAR LES VENTS ET SIGNALÉ PAR UN PHARE DÉSAFFECTÉ MARQUE LA POINTE SUD DE L’ÎLE. TANJONA VOHIMENA A ÉTÉ ÉRIGÉ EN « RÉSERVE SPÉCIAL ».
AMBOVOMBE (67 KM À L’EST DE TSIHOMBE).
CHEF-LIEU DE L’ANDROY ET IMPORTANT CARREFOUR ROUTIER, AMBOVOMBE EST UNE VILLE ANIMÉE, SURTOUT LE LUNDI, JOUR DE MARCHÉ. TOUTE LA SEMAINE, LES ARTISANS PROPOSENT SAGAIES ET CHAPEAUX ANTANDROY, OBJETS EN BOIS DE ROSE ET PIERRES FINES DEVANT LA STATION DES TAXIS-BROUSSE.

AMBOASARY-SUD (35 KM AU NORD-EST D’AMBOVOMBE).
AMBOASARY SUDCETTE PETITE VILLE DE LA BASSE VALLÉE DU MANDRARE EST LE CENTRE D’UNE RÉGION PRODUCTRICE DE SISAL, ET LE DÉBOUCHÉ DES MINES DE SAPHIRS DES CHAÎNES ANOSYENNES QUI, DEPUIS 1994, ATTIRENT DES PROSPECTEURS ET LAPIDAIRES TAIWANAIS, THAÏLANDAIS, EUROPÉENS ET AMÉRICAINS.

A L’EST DE LA VILLE, UN PONT MÉTALLIQUE CONSTRUIT DURANT LA PÉRIODE COLONIALE PAR LA SOCIÉTÉ DE GUSTAVE EIFFEL ENJAMBE LE MANDRARE.

CE FLEUVE, DONT LE LIT ATTEINT 400 M DE LARGE PAR ENDROITS, ROULE DES FLOTS TUMULTUEUX À LA SAISON DES PLUIES, MAIS À LA SAISON SÈCHE, IL SE RÉDUIT À DE GRANDES NAPPES D’EAU OÙ LES VILLAGEOISES DES ENVIRONS VIENNENT PAR CERTAINES LAVER LEUR LINGE.

MUSÉE DE L'ANDROY - RÉSERVE DE BERENTY (5 KM AU NORD-OUEST D’AMBOSARY).
UN MUSÉE DE L’ANDROY, BAPTISÉ ARIMBELO (« CHARBON DE VIE »), S’EST OUVERT EN 1995 DANS CETTE RÉSERVE NATURELLE PRIVÉE DE 265 HA, VÉRITABLE OASIS SUR LE COURS DU MANDRADRE. COMME LA RÉSERVE, IL A ÉTÉ CONSTITUÉ À L’INITIATIVE DU PLANTEUR ET HÔTELIER JEAN DE HEAULME.
LA RÉSERVE DE BERENTY OÙ ON PEUT VISITER LE MUSÉE DE L'ANDROY
SES QUATRE SALLES PRÉSENTENT LES ANTANDROY DANS LEUR ENVIRONNEMENT, LEUR VIE QUOTIDIENNE – NOTAMMENT À TRAVERS LEUR ARTISANAT ET LES GRANDES CÉRÉMONIES QUI JALONNENT LEUR EXISTENCE – ET RETRACENT L’HISTOIRE DE LA RÉGION EN FAISANT ÉTAT DES RECHERCHES ARCHÉOLOGIQUES.

LE MUSÉE PROPOSE ÉGALEMENT UNE RÉFLEXION SUR L’ENVIRONNEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT.

ON PEUT Y VOIR UNE MAISON ANCIENNE REMONTÉE AVEC UNE EXACTITUDE SCRUPULEUSE ET, À L’EXTÉRIEUR, LA RECONSTITUTION D’UN TOMBEAU ANCIEN ET UN PETIT ENCLOS FAMILIAL AVEC SES MAISONS CONSTRUITES ET AMÉNAGÉES SELON LA TRADITION.

ARIMBELO EST LE NOM DU MORCEAU DE CHARBON DE BOIS QU’UN PÈRE (OU UNE MÈRE) MOUILLE DE SA SALIVE OU D’UN PEU D’EAU POUR TRACER UN TRAIT VERTICAL SUR LE VENTRE DE SON ENFANT ET AINSI LE BÉNIR EN LUI TRANSMETTANT SA FORCE VITALE.
ANTANANDAVA ET LE LE LAC ANONY
LE LAC ANONYPRÈS DU VILLAGE D’ANTANANDAVA (À UNE DIZAINE DE KILOMÈTRES AU SUD D’ AMBOASARY) ET DE L’EMBOUCHURE DU MANDRARE SE DÉVELOPPE UN BEL ENSEMBLE DE DUNES VIVES DONT ON PEUT OBSERVER LA PROGRESSION INEXORABLE SUR LA VÉGÉTATION.

D’ANTANANDAVA, IL EST POSSIBLE DE GAGNER LA RIVE DU LAC ANONY (25 KM AU SUD-EST D’AMBOASARY), VASTE PLAN D’EAU SALÉE PROPICE AUX SPORTS NAUTIQUES QU’UN ÉPAIS CORDON DE DUNES BLANCHES SÉPARE DE LA MER.

PASSÉ LE COL DE RANOPISO, LA VÉGÉTATION CHANGE RADICALEMENT, TÉMOIGNANT DE LA BARRIÈRE CLIMATIQUE QUI SÉPARE L’OUEST SEC DE L’EST HUMIDE.

LAMBA ANTANDROY
LE TISSAGE DES LAMBA (« TISSUS ») EN SOIE SAUVAGE S’EST MAINTENU DANS QUELQUES LOCALITÉS DE L’ANDROY. LES LAMBA ROUGES DE LA RÉGION D’AMBONDRO SONT VENDUS SUR LES MARCHÉS D’AMBOASARY (DIMANCHE), D’AMBOVOMBE (LUNDI), DE BELOHA (MARDI), DE TSIHOMBE (VENDREDI) ET BIEN SÛR D’AMBONDRO (SAMEDI).

LES LAMBA NOIRS DE TRANOROA ET DE BEKITRO S’ACHÈTENT SUR LES MARCHÉS LOCAUX MAIS AUSSI DIRECTEMENT AUX TISSERANDES. PAR AILLEURS, ONT PEUT SE PROCURER DE TRÈS BEAUX LAMBA TRADITIONNELS D’AMBONDRO AU MUSÉE DE L’ANDROY, À BERENTY.
LE TOMBEAU ANTANDROY
LE TOMBEAU ANTANDROY EST UNE CONSTRUCTION PARALLÉLÉPIPÉDIQUE – JADIS EN PIERRES SÈCHES, DANS LE NORD, EN PALISSADE DE BOIS IMPUTRESCIBLE DANS LE SUD SABLONNEUX – AUJOURD’HUI EN MAÇONNERIE.
UN TOMBEAU ANTANDROY
LE MODÈLE LE PLUS SIMPLE MESURE DE 5 À 6 M DE CÔTÉ ET S’ORNE DE MOTIFS GÉOMÉTRIQUES BLANCS.

LES PLUS RICHES ATTEIGNENT UNE VINGTAINE DE MÈTRES DE CÔTÉ ET SONT COUVERTS DE FRESQUES. UN ÉDIFICE CENTRAL ABRITE LE CERCUEIL.

IL EXISTE AUSSI UN MODÈLE PLUS SOBRE, EN BELLES PIERRES DE TAILLE.

LES POTEAUX SCULPTÉS (ALOALO) SURMONTANT LES TOMBEAUX SONT UNE TRADITION DU PAYS MAHAFALY ADOPTÉE DANS LA RÉGION LIMITROPHE DE BELOHA, CELLE OÙ L’ON PEUT ADMIRER LES SÉPULTURES LES PLUS IMPOSANTES.

FUNÉRAILLE ANTANDROY
PLUSIEURS MOIS S’ÉCOULENT ENTRE LE DÉCÈS ET L’INHUMATION DU DÉFUNT. DES CÉRÉMONIES AVEC SACRIFICE DE ZÉBUS, ONT LIEU DANS L’INTERVALLE.

CÉRÉMONIES ANTANDROY
DANS L’ANDROY, CLANS ET LIGNAGES SONT LES CADRES À L’INTÉRIEUR DESQUELS CHAQUE INDIVIDU TROUVE SON IDENTITÉ. UN LIGNAGE RÉUNIT LA TOTALITÉ DES DESCENDANTS EN LIGNE PATERNELLE D’UN ANCÊTRE UNIQUE – SOUVENT UN MILLIER DE PERSONNES.

LES GRANDES CÉRÉMONIES – INVOCATION DES ANCÊTRES (SORO), RITUEL PRÉPARATOIRE À LA CIRCONCISION (SAVATSE), FUNÉRAILLES – SE TIENNENT TRADITIONNELLEMENT AU PIED DU HAZOMANGA (PIEU SACRÉ QUI MATÉRIALISE SOUS LA FORME D’UN FAISCEAU DE PIQUETS TAILLÉS EN POINTE LE LIEN UNISSANT TOUS LES MEMBRES VIVANTS ET MORTS D’UN MÊME LIGNAGE).

LE HAZOMANGA EST PLACÉ SOUS LA GARDE DU MPISORO, PATRIARCHE DU LIGNAGE ET CHEF DU RITUEL. LES LIGNAGES DU NORD DE L’ANDROY SONT TRÈS RESPECTUEUX DE LEUR HAZOMANGA ET DE LEUR MPISORO. DANS LE SUD, EN REVANCHE, LES MPISORO SE FAISANT RARES, LES SORO SE DÉROULENT DANS LE CADRE FAMILIAL SOUS L’AUTORITÉ DU PÈRE.
ROBERT DRURY
CE MARIN ANGLAIS, JETÉ PAR UN NAUFRAGE SUR LES CÔTES DU PAYS DES EPINES EN 1701, FUT RÉDUIT EN ESCLAVAGE PAR LES ANTANDROY.
AYANT SU NOUER DE SOLIDES COMPLICITÉS ET AINSI DÉJOUER TOUS LES PIÈGES DESTINÉS À ÉPROUVER SA LOYAUTÉ, DRURY S’IMPOSA DANS L’ENTOURAGE DES ROIS DU SUD ET PARTICIPA AUX COMBATS QUE SES MAÎTRES LIVRAIENT AUX MAHAFALY ET AUX MASIKORO.

MADAGASCAR OU LE JOURNAL DE ROBERT DRURYIL S’ÉVADA PLUSIEURS FOIS ET CHANGEA MÊME DE CAMP… IL RETOURNA EN ANGLETERRE EN 1716, NARRA SES AVENTURES ET DÉCRIVIT LES MŒURS DES ANTANDROY ET DE LEUR VOISINS DANS UN JOURNAL RESTÉ CÉLÈBRE (DANIEL DEFOE AURAIT, EN FAIT, RÉDIGÉ CET OUVRAGE ET PROFITÉ DES CONNAISSANCES DU MARIN ANALPHABÈTE POUR ÉCRIRE ROBINSON CRUSOÉ).

TENAILLÉ PAR LA NOSTALGIE, DRURY FINIT PAR REPARTIR, EN 1734, POUR LA GRANDE ÎLE, OÙ IL SE LIVRA À LA TRAITE DES ESCLAVES.
BIBLIOGRAPHIE
« 1943 EST UN MILLÉSIME NON ENCORE OUBLIÉ, CELUI D’UNE DES PLUS GRANDES DISETTES DE L’ANDROY. GRANDE ANNÉE AUSSI POUR LE COMMERCE LOCAL QUI ACCUMULE, PAR SACS ENTIERS, LES BIJOUX DONT LES FEMMES TANDROY SE DÉFONT CONTRE QUELQUES POIGNÉES DE VIVRES !
DES ÊTRES FAMÉLIQUES SE TRAÎNENT EN DIRECTION DU MANAMBOVO OU DE FORT DAUPHIN, ET Y PARVIENNENT, À BOUT DE RESSOURCES, POUR Y MOURIR LE PLUS SOUVENT. QUINZE MILLE INDIVIDUS DISPARAISSENT AINSI. »
JEAN FÉNIÈS, « MIGRATION TANDROY » BULLETIN DE MADAGASCAR. N° 138, 1957.

« LE DÉSARMEMENT DES GUERRIERS NE SE FIT PAS SANS PEINE: DE 1901 À 1903, IL FUT RETIRÉ 12 232 FUSILS, MAIS LES ANTANDROY SAVAIENT RENOUVELER LEUR ARSENAL. LES FORGERONS DE BEKILY ET BEKITRO EXCELLAIENT DANS L’ART DE FABRIQUER DES APPARENCES DE FUSILS AVEC QUELQUES VIEILLES PIÈCES HORS D’USAGE.
LORSQUE L’ADMINISTRATION CONFISQUAIT LES FUSILS, LES GUERRIERS LIVRAIENT DES ARMES HORS D’ÉTAT DE SERVIR ET CACHAIENT SOIGNEUSEMENT LES AUTRES.



MADAGASCAR ET SON GRAND SUD;

AVANT TOUT,  JE NE FAIS QUE RETRANSCRIRE DES ÉTUDES SCIENTIFIQUE

MUSIQUE ET TROMBA ( ENVOUTEMENT) DANS LE SUD

La marovany du sud

La marovany est une grande cithare montée sur une caisse rectangulaire en bois. Ses cordes métalliques en cables de freins de moto peuvent mesurer jusqu'à 1 m 20, ce qui donne à l'instrument un son ample. Les cordes sont réparties des deux côtés de la caisse et forment, comme pour la valiha tubulaire, une échelle diatonique alternée. Les graves sont placés parfois en haut de la caisse et les aigus en bas, comme sur la valiha tubulaire où les graves sont du côté du musicien et les aigus de l'autre côté du bambou. Mais il arrive que la disposition soit inversée, les aigus en haut et les graves en bas, comme sur les marovany de Sambiasy et Bekamby. L'instrument est souvent accompagné d'un hochet kantsa, formé d'une boîte de conserve remplie de graines et clouée sur un manche en bois.


2.2.1. Sambiasy

À Tulear, j'ai fait plusieurs enregistrements de Sambiasy, avec accompagnement de hochet ou en solo. Sambiasy utilise souvent sa voix pendant qu'il joue, soit pour doubler son jeu de marovany, soit pour émettre un halètement rauque (appelé rimotsy) caractéristique de la musique antandroy.

On peut entendre Sambiasy sur le disque Ocora Madagascar. Pays Antandroy enregistré par Alain Desjacques avec la collaboration de Victor. Il y joue sur la plage 10 (qui dure 16 minutes) une musique de possession pour un esprit sakalava, accompagnant un choeur qui chante dans ce dialecte, dont j'ai enregistré une nouvelle version. Une autre pièce qui m'a été jouée par Sambiasy ressemble à la plage 1 du disque de Jacques Erwan La marovany de Madagascar, jouée par un musicien nommé Ndala. Une étude systématique de ces concordances permettrait d'établi le catalogue raisonné du répertoire commun aux joueurs de marovany.

La marovany de Sambiasy a un son très plein. Il a consenti à me la vendre (500.00 FMG), pour que je puisse la ramener en France et l'équiper de capteurs midi. J'ai beaucoup hésité avant cet achat, qui le prive de son instrument, mais je l'ai fait après en avoir discuté avec Victor, et avoir convenu avec Sambiasy que celui-ci le remplacerait aussitôt en fabriquant un nouvel instrument.


2.2.2. Bekamby

J'ai également enregistré à Tulear un autre grand musicien appelé Bekamby (de son vrai nom Fiherena). Âgé de 48 ans, il est venu avec son épouse Rilita, âgée de 46 ans. Celle-ci a accompagné son mari en jouant du hochet, et parfois en chantant (ce fut également le cas, plus tard, des épouses de Velojonro et de Molisoa).

Bekamby est venus deux fois en France, à l'invitation de Jacques Erwan en 1995, puis avec Michel Domenichini Ramiaramanana pour le festival "Musiques métisses". On peut l'entendre en disque sur l'album Marovany/valiha du Grem (plage 1, musique pour le tromba), et ceux de Jacques Erwan : Voyage musical Madagascar (plage 5) et La marovany de Madagascar (plages 2, 3, 4).

Sur ce dernier disque, on retrouve certains titres des pièces que j'ai enregistrées : Toly zaho en plage 2, Toy iaho malilo raza en plage 3. Mais contrairement aux versions publiées, celles que j'ai enregistrées sont exécutées d'un seul tenant, et enchaînées les unes aux autres. Mon enregistrement dure 45 minutes, et à vrai dire, il n'a été interrompu que parce que la cassette arrivait à sa fin. Bekamby m'a expliqué qu'il jouait ces pièces pour les cérémonies de possession doany (terme utilisé dans la région de Mahajanga), et que dans ces occasions, on jouait quasiment sans interruption pendant très longtemps, parfois même une demi-journée ou plus. J'ai pu vérifier, quand j'ai assisté à la séance de possession décrite plus loin, que la musique est pratiquement ininterrompue pendant tout le temps que dure la cérémonie.

Cette manière de jouer sans interruption pendant très longtemps n'est pas propre aux musiques de possession. J'ai observé la même chose pour le répertoire tsapiky, une musique moderne jouée avec guitare électrique, basse, clavier, batterie. À l'hôtel "Chez Alain" où nous logions à Tulear, on entendait du tsapiky joué non loin de là. À cause de la distance, seul le son aigrelet de la guitare parvenait jusqu'à nous, celui des autres instruments ne portant pas aussi loin. Durant notre séjour, cette musique de tsapiky a été jouée sans interruption pendant... trois jours et trois nuits ! Lorsqu'on se réveillait au milieu de la nuit, on entendait les petites formules égrenées par la guitare qui se répercutaient à travers l'obscurité de façon obsédante, et dont l'intensité était parfois gonflée par le vent. Sensation quasi-hallucinatoire. Ce style de jeu propre au tsapiky, qui procède par répétition obsessionnelle de petites formules se transformant progressivement, est d'ailleurs assez proche du style de jeu de la marovany.


2.2.3. Une séance de possession avec Velojonro

Ambovombe est une petite bourgade qui se trouve à une centaine de kilomètres de Fort-Dauphin, sur la route remontant vers Tulear, en plein pays Antandroy. J'y ai fait plusieurs enregistrements de Velojonro, un joueur de marovany véloce et inventif, âgé de 37 ans, qui était accompagné au hochet par son épouse Mañevasoa, âgée de 38 ans. Son style a parfois le caractère obsédant évoqué plus haut, lorsqu'il répète obstinément quelques notes tirées des cordes aiguës de l'instrument, avant de détendre le jeu par des accords plus apaisés. Il lui arrive souvent de réaccorder une corde tout en continuant à jouer (dans ce cas, la partie de hochet s'interrompt parfois brièvement).

C'est dans un petit village à proximité d'Ambovombe que nous avons pu assister à une séance de possession tromba, dont la musique était jouée par Velojonro à la marovany, accompagné par deux hochets et les frappements de mains de l'assistance. La femme possédée s'appelait Arline, et elle était assistée durant la cérémonie par sa fille. La séance a eu lieu dans une case en bois d'environ 2 x 2 mètres, aux murs tapissés, dans laquelle était installé, sous une petite fenêtre, un autel recouvert d'une nappe rouge sur laquelle étaient posés, entre autres, un miroir portant des signes tracés à l'argile blanche, et un plat creux en pirex rempli d'eau où étaient trempés des bracelets et des pièces de monnaie (voir photo). Un bâton d'encens brûlait. Outre la femme possédée, nous étions onze, assis dans cette petite case, parmi lesquels Victor (qui filmait), Manindry et Annick. Beaucoup d'autres se trouvaient à l'extérieur, certains regardant par l'ouverture de la porte. Victor nous avait demandé d'apporter des offrandes : cigarettes, parfum, et deux flacons de rhum d'environ 20 centilitres chacun. Voilà le déroulement de la cérémonie, qui a commencé vers 16h :

L'officiante ouvre la fenêtre et verse du rhum à l'extérieur, puis sur l'autel. Elle enlève le pendentif qu'elle a autour du cou, puis sa veste, et met une sorte d'aube.

La marovany joue en solo.

L'officiante s'assied devant l'autel. Elle nous asperge avec de « l'eau bénite » contenue dans le plat creux où trempent les bracelets et les pièces. Elle s'enduit la peau d'une sorte d'onguent.

Un hochet fait son entrée en accompagnement de la marovany.

L'officiante place des lunettes de soleil sur l'autel. Elle embaume son visage et son corps avec l'encens, et boit un verre de rhum. Sa fille ouvre un paquet de cigarettes.

Un deuxième hochet entre en jeu.

L'officiante récite des paroles à mi-voix, elle souffle dans un sifflet, sa fille commence à battre le rythme avec les mains. L'officiante marque le rythme en balançant son corps, et pousse quelques cris. Elle met les lunettes de soleil, enlève ses bracelets. Elle s'agenouille, nous serre la main qu'elle a trempée dans l'eau bénite.

16h32, arrêt de la musique, discussion de l'officiante avec Velojonro.

Elle agite un bâton surmonté de clochettes. Elle discute avec Manindry. Il faut faire une offrande. Annick donne 5.000 FMG, Claire donne aussi de l'argent. Apparemment, il y a un problème, Annick rajoute 25.000 FMG.

Reprise de la musique.

L'officiante se parfume. On rajoute encore 10.000 FMG. Manindry nous distribue des billets de 500 FMG, et on les met dans le récipient d'eau bénite. Elle trempe son bracelet dans l'eau. Tout le monde frappe dans les mains, en suivant le rythme donné par sa fille. Elle recommence à balancer son corps, agite la tête, se penche en arrière, reprend le bâton muni de clochettes et le sifflet, se sert un verre.

Elle se lève et danse nonchalamment. Elle tape avec le bâton sur la marovany, ce qui interrompt la musique, et elle donne l'impression de reprendre son souffle. Elle nous distribue des cigarettes.

17h, nouvelle discussion avec Manindry, très animée, puis elle tend le récipient d'eau bénite à Manindry qui le porte à ses lèvres et boit une gorgée, après quoi elle l'en asperge. Elle nous parfume, nous tend un verre de rhum. Sa fille remet de l'encens dans l'assiette où celui-ci se consume.

17h11, nouvelle discussion. Victor nous demande si « on apprécie la cérémonie ». Une personne sort de la case, ce qui crée un remue-ménage. Plusieurs personnes changent de place, dont Victor et moi, mais aussi la fille de l'officiante qui vient se placer derrière elle, à côté du joueur de marovany.

17h33, c'est l'instant précis de la transe : l'officiante tombe en arrière dans les bras de sa fille, qui s'était préparée à la recevoir.

Elle se relève et se change en mettant une grande cape sur ses épaules, puis s'agenouille devant l'autel. Elle nous serre de nouveau la main en la trempant dans l'eau bénite.

Elle parle avec le joueur de marovany.

17h50, Manindry nous demande de sortir.

Au cours de cette séance de tromba, la femme a été possédée successivement par deux esprits, celui d'Andriamisara d'abord, puis celui d'Andriamandisoarivo peu avant notre sortie de la case. Victor nous a expliqué que les paroles qu'elle a dites pendant la visite des esprits étaient dans le dialecte de ces derniers, dialecte qu'elle n'avait aucune raison de connaître. Par ailleurs, nous avons revu cette femme une demi-heure plus tard environ, pendant le dîner que nous avons pris dans le village, et Victor nous a fait remarquer que rien ne permettait de penser qu'elle était saoûle, alors qu'elle venait de boire plus d'un tiers de litre de rhum !


2.2.4. Damy

À Ambovombe, j'ai enregistré un autre excellent joueur de marovany, Damy, âgé de 30 ans, accompagné au hochet par Sambo, âgé de 20 ans. Sa marovany n'a qu'un nombre réduit de cordes (sept de chaque côté), mais il en joue avec musicalité et brio.

L'une des pièces jouées par Damy a la particularité d'être une imitation de l'accordéon, instrument appelé godoro, d'importation européenne mais intégré depuis longtemps à la tradition malgache. Il est utilisé dans le culte de possession, où il joue le même rôle que la marovany, comme en témoigne le disque de Bernard Koechlin Possession et Poésie enregistré en 1967. Dans l'enregistrement de Damy, la marovany produit une sorte de ronflement des basses, qui évoque étrangement la sonorité même de l'accordéon.

Le rôle de l'accordéon dans le culte de possession tromba tient en partie à son origine étrangère. Les objets du culte que l'on a énumérés précédemment étaient, remarquons-le, tous d'origine européenne : pièces de monnaie, cigarettes, parfum, lunettes de soleil... Cette remarque rejoint l'interprétation que donne Gérard Althabe de la signification sociale du tromba, dont le développement dans les années soixante serait, d'après lui, le résultat du traumatisme causé par la décolonisation et le départ des maîtres européens. Le tromba apparaîtrait ainsi comme « l'intériorisation dans l'univers villageois du rapport avec le maître étranger » (p. 213). C'est pourquoi la musique du tromba utilise l'accordéon, « qui est considéré comme l'instrument européen type » (p. 97).


2.3. L'« étrange mécanisme » de la transe

Par quel « étrange mécanisme » la musique contribue-t-elle à la transe dans le culte du tromba ? L'expression entre guillemets est de Jean Rouch, mais elle est utilisée par Gilbert Rouget dans son livre La musique et la transe, dont elle constitue le titre d'un chapitre (pp. 309-337), et il n'est pas inutile de rappeler les principaux éléments de la théorie de Rouget à ce sujet.

Pour Gilbert Rouget, il existe deux types de transes, celles qui sont induites, et celles qui sont conduites. Les transes de possession sont des transes induites, parce que le possédé est « musiqué », c'est-à-dire que son entrée en transe se fait au son d'une musique jouée par les autres et non par lui (p. 207). Dans les transes conduites, au contraire, le sujet est « musiquant », c'est-à-dire qu'il participe lui-même à la musique, par exemple en chantant. Dans ce cas, chant et danse constituent une technique du corps qui contribue directement au déclenchement de la transe, par ses effets psychophysiologiques. C'est le cas dans le dhikr (l'une des formes du soufisme, tendance mystique de l'Islam), où une auto-excitation propice à l'entré en transe est obtenue par le souffle, la surstimulation des cordes vocales, les mouvements très accentués de rotation de la tête, et la gesticulation (p. 548). Notons que dans tous les cas où musique et danse contribuent directement au déclenchement de la transe, ils ne peuvent toutefois pas y suffire, car il y a toujours une clause restrictive : le sujet doit avoir décidé d'entrer en transe (p. 553).

Dans les transes de possession, la situation est différente, car le possédé n'est jamais « musiquant ». Gilbert Rouget caractérise les transes de possession par le fait qu'elles sont identificatoires, c'est-à-dire que pendant la transe, le sujet est vu par les spectateurs comme ayant changé de personnalité, celle d'une divinité ayant pris possession de son corps (p. 79). Il y alors lieu de distinguer deux phases : le déclenchement de la transe d'une part, et sa prolongation d'autre part, pendant laquelle le sujet est identifié à la divinité. Si le rôle de la musique dans la deuxième phase est à peu près stable, son rôle dans la première est beaucoup plus variable selon les divers cultes de possession.

La phase de prolongation de la transe ne peut jamais avoir lieu sans musique. La transe consiste, dans la plupart des cultes de possession, à danser au son d'une musique qui est celle de la divinité, que Rouget appelle de ce fait une « devise musicale », et qui a un rôle identificatoire. C'est à travers cette danse que le groupe reconnaît la présence de la divinité, le musique étant alors le moyen de socialiser la transe (p. 558).

Le déclenchement de la transe, en revanche, se produit parfois sans musique. C'est le cas dans le tarentulisme, un culte de possession pratiqué dans le sud de l'Italie où la crise, due à une piqûre d'araignée, survient en dehors de toute musique, celle-ci n'intervenant qu'une fois le sujet installé dans la transe. Lorsque dans un culte de possession, l'entrée en transe s'accompagne de musique, le rôle de celle-ci revêt, selon Rouget, trois aspects combinés de diverses manières (p. 558) :
1) aspect conventionnel : la musique prend la forme d'une devise propre à la divinité, au son de laquelle le sujet entre en transe, à cause de son caractère identificatoire.
2) aspect naturel : le caractère agité de la musique (recours à l'accelerando et au crescendo) crée un état d'effervescence propice à l'éclosion de la transe.
3) aspect individuel : la musique agit par son pouvoir émotionnel, lié à son association avec telle circonstance, telle idée, ou tel personnage.

Il convient également de distinguer le cas d'un adepte expérimenté de celui d'un novice. Chez les novices, la première transe a souvent lieu sans musique. C'est ce que Gilbert Rouget appelle la crise de pré-possession. Le novice ne sait pas encore quelle est la divinité qui prend possession de lui, et dans le culte ? du ?, par exemple, le nom de cette divinité ne lui apparaît en rêve que quelques jours après la crise. Chez les adeptes expérimentés, la transe devient au contraire une pratique que le sujet a appris à contrôler. Cet apprentissage se fait parfois au cours d'une longue initiation, qui peut durer jusqu'à sept ans dans le culte vodun des ? du Bénin.

Contrairement aux transes conduites, le rôle de la musique dans le déclenchement des transes de possession est, on le voit, très variable selon les situations. Un exemple de culte dans lequel ce rôle comporte un aspect « naturel » au sens ci-dessus est le ndöp des Lebou et Wolof du Sénégal. Ici, l'entrée en transe paraît directement liée à la frénésie du tambourinage, et à l'utilisation de certaines brisures de rythme caractéristiques. Mais dans d'autres cultes, ce rôle est discret, voire absent. On notera par ailleurs que la transe de possession présente avec l'hystérie certaines analogies. Quoique ce rapprochement soit controversé (Rouget, pp. 59-63), il invite à penser que la transe de possession, comme l'hystérie (et contrairement à l'hypnose qui est obtenue par des techniques de relaxation reproductibles), n'est pas déclenchée par une cause déterminée, la musique servant plus à la canaliser qu'à la provoquer.

Qu'en est-il dans le culte tromba de Madagascar ? Le rôle de la musique comme devise (aspect « conventionnel ») suppose que les airs joués à la marovany soient associés à des divinités précises. Dans ce cas, l'analyse du répertoire nécessite un inventaire systématique des associations air/divinité, ainsi qu'une définition précise de ce qu'est un air de marovany en tant que « devise ». En effet, le caractère identificatoire de la devise pose des questions d'ordre musical : quelle est la marge de manœuvre de l'instrumentiste quand il effectue des variations sur ces airs ? lorsque deux divinités prennent successivement possession du sujet au cours d'une même séance, comme nous l'avons vu à Ambovombe, le musicien enchaîne-t-il l'un après l'autre les deux airs correspondants ?

En ce qui concerne l'aspect « naturel » du rôle de la musique dans le déclenchement de la transe, quelle est sa part dans le culte du tromba ? Si l'adepte est bien « musiqué », c'est-à-dire ne joue pas d'instrument ni ne chante pas, il n'en est pas moins actif par la danse, d'abord, mais aussi par la manière dont il interpelle les musiciens. On a vu qu'à Ambovombe, la femme possédée suivait de près le jeu de la marovany, en l'interrompant parfois. Cela rejoint la description de Gérard Althabe (p. 101) :

« [Le possédé] dirige les chants, il admoneste violemment les chanteurs, les instrumentistes; il exige d'eux plus de conviction; sans raison il arrêtera un chant en plein milieu et il insultera les gens parce qu'ils se sont arrêtés; il leur donne l'ordre de recommencer et il les insulte de le faire car ils désobéissent à son ordre précédent. »

Dans le tromba, le musicien semble interagir avec l'adepte possédé, d'une manière qui vise sans doute à faire « chauffer » l'atmosphère, et qui est peut-être du même ordre que celle qui se produit entre un musicien de jazz et son public, lorsque celui-ci l'encourage pour obtenir de lui le maximum de swing. Il y aurait donc une enquête intéressante à mener sur les détails de cette interaction (par exemple en filmant le séquencement précis de plusieurs transes), et sa place exacte dans « l'étrange mécanisme » de la transe.
 



MADAGASCAR ET SON GRAND SUD

1. Le sikidy

Le sikidy est une technique de divination en usage sur tout le territoire de Madagascar, dont les principes sont ceux de la géomancie arabe, qui s'est diffusée à travers l'Afrique depuis le VIIIe siècle dans le sillage de l'Islam. En occident, la géomancie est décrite à partir du XIIe siècle dans des textes latins comme le traité Ars geomancie de Hugues de Santalla, ou le Estimaverunt Indi de Gérard de Crémone traduit de l'arabe (Charmasson 1992). Les malgaches semblent s'être fait une spécialité de ce mode de divination, car à Ambovombe, on m'a dit qu'un devin réputé (de père Bara et de mère Antandroy) était consulté non seulement par le président malgache Ratsiraka, mais aussi à travers lui par Saddam Hussein ! Ce qui pour une technique d'origine arabe est tout de même paradoxal...

J'ai travaillé avec quatre mpisikidy différents (mpisikidy signifie devin, mais on parle aussi d'ombiasy, qui signifie guérisseur). Il s'agissait de Toliasy et Daremond à Tulear, Tsimboe dit Zorre à Ambovombe, et Ravandiñy à Fort-Dauphin. Avant de présenter les résultats de l'enquête, il n'est pas inutile de rappeler les principes de la géomancie, qui repose sur une part de mathématiques comme on le verra. Ces éléments sont empruntés à Marcia Ascher, Robert Jaulin et Jean-Claude Hébert.


1.1. Les mathématiques du sikidy

1.1.1. L'addition modulo 2

La géomancie malgache consiste à disposer sur le sol des graines de fano (une sorte d'acacia), sous la forme d'un tableau, dans le but d'y lire la destinée à travers certaines configurations des graines qui apparaissent dans ce tableau. La procédure de placement des graines comporte une partie aléatoire (où se manifeste la destinée), et une autre partie déterministe dans laquelle certains éléments du tableau se déduisent d'éléments déjà placés par des règles précises, qui permettent en quelque sorte de « décoder » le message contenu dans la partie aléatoire. Notre travail d'enquête a porté jusqu'à présent uniquement sur la construction du tableau, qui contient l'essentiel des mathématiques du sikidy. Nous avons provisoirement laissé de côté ce qui concerne son interprétation.

Les éléments du tableau sont formés d'une ou deux graines (on les notera • et ••). Ils sont groupés en douze colonnes de quatre éléments. Le tableau est réparti sur deux étages : quatre colonnes en haut, huit en bas. Les éléments des colonnes du haut sont tous choisis aléatoirement, selon une procédure que l'on détaillera plus loin. Ces quatres colonnes supérieures appelées renin-sikidy (les mères) forment une matrice qui enfante les huit colonnes du bas, par un calcul impliquant les combinaisons suivantes : les colonnes elles-mêmes (numérotées de droite à gauche C1, C2, C3, C4), et les lignes associées à ces colonnes (numérotées de haut en bas C5, C6, C7, C8). Le calcul consiste à additionner les éléments en même position dans chaque combinaison, selon la règle suivante :

        (a)     ••    +     ••     =     ••
        (b)      •     +     •     =     ••
        (c)      ••     +     •     =    •
            •    +    ••     =     •

ce qui correspond à l'addition modulo 2 ou, de manière équivalente, à la règle de composition des parités :

        (a)     pair + pair = pair
        (b)    impair + impair =  pair
        (c)     impair + pair = impair

Voilà un exemple de tableau géomantique indiquant les calculs qui produisent les colonnes du bas. Le nombre de combinaisons (lignes ou colonnes) intervenant dans la procédure est donc seize.

                C4    C3    C2    C1                   

                ••    •    ••    ••    C5               
                •    ••    •    •    C6               
                ••    ••    •    ••    C7               
                •    •    •    ••    C8               

        ••    •    •    ••    •    •    ••    ••           
        ••    •    •    ••    •    •    ••    •           
        •    ••    •    •    ••    •    •    •           
        •    ••    •    •    ••    •    •    •           

        C12 =        C11 =        C10 =        C9 =               
        C8+C7        C6+C5        C4+C3        C2+C1           
            C14 =                C13 =                   
            C12+C11            C10+C9               
                    C15 =                C16 =           
                    C14+C13            C15+C1       


Explicitons la construction dans le cas de C2 + C1 =  C9 :


                ••     +     ••     =     ••
                •     +     •     =     ••
                •     +     ••     =     •
                •     +     ••     =     •


1.1.2. Trois règles de vérification

Par construction, certaines propriétés mathématiques apparaissent nécessairement à l'intérieur du tableau (comme on peut le démontrer par des calculs sur les combinaisons concernées). Ces propriétés sont utilisées par les devins pour vérifier qu'ils ne se sont pas trompés dans leur construction. Marcia Ascher en recense trois :

(1) test de parité : la colonne C15 a nécessairement un nombre pair de graines (six dans l'exemple), et elle est la seule dans ce cas (c'est-à-dire dont la parité soit déterminée d'avance)

(2) il existe deux combinaisons qui sont identiques, par exemple C9 et C12 dans le tableau précédent (si le tableau n'était pas construit selon une procédure déterminée, les seize combinaisons pourraient être différentes deux à deux, car le nombre de combinaisons possibles est 24 = 16).

(3) les trois couples (C1, C13), (C2, C10) et (C14, C16) sont dits « inséparables », car ils ont la propriété d'être de même somme (qui, dans ce cas, est la combinaison •  ••  •  •) :

C1 + C13 = C2 + C10 = C14 + C16

L'un des enjeux de l'enquête de terrain est de déterminer si ces règles de détection d'erreurs sont utilisées sans justification (ce qui poserait alors le problème de leur origine : sont-elles empiriques ?), ou si au contraire les devins font un raisonnement pour les justifier, mais au stade actuel de notre travail, le problème reste largement ouvert.


1.1.3. Points cardinaux, rois et esclaves

On a vu que le nombre de combinaisons possibles est 24 = 16. Les devins pratiquent l'énumération exhaustive de ces combinaisons en les répartissant selon quatre classes associées aux quatre points cardinaux nord, sud, est, ouest. On indiquera cette répartition plus loin, sous la forme qui nous a été donnée par Tsimboe.

Il existe une autre répartition des mêmes combinaisons, qui ne recouvre pas la précédente, et qui utilise une propriété mathématique. Elle consiste à les séparer en deux groupes de huit, selon que leur nombre de graines est pair ou impair. Sont appelées « rois » celles dont le nombre de graines est pair, et « esclaves » les autres


1.1.4. Tokan-sikidy

En dehors de leur activité de divination, les mpisikidy pratiquent un exercice intellectuel consistant à rechercher certaines configurations remarquables de tableaux géomantiques, appelées des tokan-sikidy, définis par la propriété mathématique suivante, la condition (ii) étant parfois facultative, comme on le verra par la suite :

(i) parmi les combinaisons C1 à C16, l'un des points cardinaux n'apparaît qu'une seule fois,
(ii) tous les points cardinaux sont représentés.

Le prestige d'un devin repose en partie sur la quantité de tokan-sikidy qu'il connaît. Les devins spéculent sur le nombre de ces tokan-sikidy, et sur les données initiales (renin-sikidy) qui permettent d'en construire. Notons que le nombre de tableaux géomantiques possibles est 164 = 65.536 (nombre de renin-sikidy différents), et qu'une recherche des tokan-sikidy par énumération systématique n'est pas envisageable sans l'aide d'un ordinateur.


1.2. Une séance de divination avec Toliasy

À Tulear, j'ai assisté à une séance de divination traitant d'un problème réel. Le mpisikidy consulté s'appelait Toliasy, et le problème qui lui était soumis était le suivant : son patient avait commencé quelques mois auparavant un commerce de viande de chèvre, qui au début marchait très bien. Un jour, ses affaires ont brusquement périclité. Il en a attribué la cause à un mauvais sort qu'on lui aurait jeté, et sa consultation du mpisikidy avait pour but qu'on l'en délivre. Avant la consultation, la femme du patient a pilé en poudre des morceaux d'écorce de tamarinier, dans le but de rendre le traitement plus efficace. L'action du devin s'est déroulées en deux temps : d'abord, il a effectué un certain rituel destiné à supprimer le mauvais sort, et ensuite, il a interrogé le sikidy sur la situation de son patient. Ont assisté à cette séance Manindry et Victor (qui filmait).

La phase thérapeutique, destinée à éliminer le mauvais sort, s'est déroulée comme ceci : le guérisseur place divers objets rituels dans un panier, parmi lesquels des cornes de zébu, des pendentifs, une cloche en bois. Il se livre ensuite à diverses récitations prononcées à mi-voix. Puis il met la main dans son sac et tapote à l'intérieur quelque chose qu'on ne voit pas. Manindry se met à parler et à discuter avec lui, à la suite de quoi Victor place un billet de 2.500 FMG dans le panier (on aperçoit ce billet sur la photo reproduite plus loin). Puis il reprend ses récitations, qui se prolongent jusqu'à ce qu'il sorte de son sac les graines de sikidy contenues dans une petite bourse en toile.

La divination commence par le brassage des graines répandues en tas sur le sol, action accompagnée de nouvelles récitations. La procédure de tirage aléatoire des quatre premières colonnes (les mères) se déroule comme suit : le devin prend une poignée de graines dont il fait un tas, puis une deuxième poignée dont il fait un autre tas. Pour chaque tas, il enlève les graines deux par deux en les faisant glisser vers lui avec l'index et le majeur jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'une ou deux. Ce reste est alors considéré comme un nouvel élément du tableau, qu'il fait glisser pour l'insérer dans la colonne en cours de construction. Les quatre colonnes sont ainsi complétées en commençant par celle de droite, chacune étant remplie de haut en bas. Après avoir rempli les quatre colonnes supérieures, le devin construit les huit du bas en appliquant les opérations décrites précédemment, dans l'ordre indiqué par la numérotation C9 à C16 ci-dessus. Le tableau obtenu est précisément celui qui a été reproduit dans la section précédente comme on peut le vérifier sur la photo prise lors de cette séance.

On voit dans cette description que la procédure de tirage aléatoire repose, elle aussi, sur la notion mathématique de parité (omniprésente dans le sikidy : en l'occurrence, la parité du nombre de graines contenues dans chaque poignée. Le hasard est tout entier circonscrit dans le fait que ce nombre de graines est pair ou impair. La procédure mise en oeuvre n'est qu'un algorithme destiné à déterminer cette parité : pair s'il reste deux graines, impair s'il en reste une.


1.3. Les carnets de tokan-sikidy de Tsimboe

Pendant mon séjour à Ambovombe, j'ai fait plusieurs séances de travail très fructueuses avec Tsimboe, qui m'a montré des tokan-sikidy qu'il connaît, dans des conditions inattendues comme on le verra par la suite. Avec lui, j'ai pu entrevoir quelques aspects de la façon dont les mpisikidy conceptualisent leur pratique.

J'ai d'abord enquêté avec Tsimboe sur les règles de construction du tableau géomantique, dans le but de recuillir des premiers éléments sur la manière dont il exprime ces règles verbalement. La transcription des phrases de Tsimboe a été effectuée par Laleina et revue par Victor. Voilà le tableau géomantique qui sert d'exemple aux explications qui vont suivre :

                C4    C3    C2    C1
                            tale

                ••    •    •    •    C5               
                •    ••    •    •    C6               
                ••    •    •    •    C7               
                •    •    ••    ••    C8               

        •    •    ••    ••    •    •    ••    •           
        •    •    ••    ••    •    •    ••    •           
        ••    •    •    ••    •    •    ••    •           
        •    ••    •    ••    ••    ••    ••    ••           

        C12        C11        C10        C9           
            C14  =                C13 =           
            C12+C11            C10+C9               
            ombiasy            femme               
                    C15 =                C16 =       
                    C14+C13            C15+C1       
                    dieu                maison


Une graine est considérée comme un élément « mort » (maty), deux graines comme un élément « vivant » (velo). Tout d'abord, Tsimboe exprime la règle (a) d'addition des graines :

        (a)     ••    +     ••     =     ••

de la manière suivante  :

« Ireto tsy maintsy mitambatra dia manao an'izao. »
« Tout cela [••  +  ••] doit s'unir, et cela donne comme ça [••]. »

« Ireto mitambatra izany hoe maty anankiray dia tsy manan-kery. »
« Ceci mis ensemble [••  +  ••], cela veut dire qu'un est mort [dans chaque couple] et le couple donne un seulement [ce qui revient à dire : ••  + ••  =  •  +  •  =  ••]. »

Ensuite, il explique que la colonne C15 (dieu) est l'addition de C14 (ombiasy) et de C13 (femme), les colonnes étant désignées par les noms qui leur sont attribués dans l'interprétation du tableau géomantique :

« Ity ilay zanahary. Ity iray ity sy ity iray ity, ity ombiasy, ity sahily (vehivavy) dia maneraka an'izao. »
« Voici le dieu [C15]. Celui-là [C14] et celui-là [C13], c'est-à-dire ombiasy et sahily (femme), ils enfantent celui-là [C15]. »

Dans le tableau ci-dessus, C15 est la colonne ••  ••  ••  ••, qui a la propriété d'être un élément neutre pour la règle d'addition des colonnes, c'est-à-dire que combinée à une autre colonne, elle la laisse inchangée, d'où C16 = C15 + C1 = C1. C'est ce que Tsimboe exprime de la manière suivante :

« "Le Dieu" avy  eto sy avy eto ampitoviziny, dia mahatonga an'ity andeva ity. »
« Le dieu qui est là [C15], combiné à celui-là [C1], il le laisse identique, et cela donne cet esclave-là [C16]. »

Il énonce en passant la règle (1) de vérification du tableau, qui affirme que C15 est nécessairement un « roi », c'est-à-dire a un nombre pair de graines (en l'occurrence huit) :

« Diso ilay zavatra no mipetraka eto. Tsy maintsy andriana no mipetraka eto. »
« Cet objet [l'esclave qui se trouve en C16], quand il se place là [en C15], c'est une erreur. Il faut que ce soit un roi qui se place là [en C15]. »

Ensuite, il indique que la colonne C16 (maison) est l'addition de C15 (dieu) et de C1, dont le nom tale est un dérivé du mot arabe taleb, qui signifie consultant (i.d. celui qui consulte le devin) :

« "Dieu" afangaro amin'ny tale "donne maison". »
« Dieu [C15] mélangé avec le tale [C1] donne la maison [C16]. »

Après ces explications, Tsimboe m'a montré la répartition des seize combinaisons selon les quatre points cardinaux d'une part, et selon l'opposition roi (andriana) / esclave (andeva) d'autre part. À vrai dire, ce n'est pas ce que je lui demandais. Ma question était : « Combien y a-t-il d'esclaves ? » (la réponse est huit). Il n'a pas répondu directement. Il a commencé par placer les seize combinaisons sur la table, en les classant selon les quatre points cardinaux, comme on le voit ci-après. La classification obtenue est conforme à celle publiée par Marcia Ascher, à ceci près qu'à l'ouest, les combinaisons ••  •  •  • et ••  •  ••  • sont considérées comme faiblement orientées, la première avec une tendance à l'ouest, mais la seconde une tendance à l'est ce qui devrait la placer dans la classe est plutôt que ouest.

        nord        •    •    ••    •
        tavaratsy    •    ••    ••    ••
                •    ••    •    •
                ••    ••    ••    ••

        ouest        •    ••    ••    •    ••
        tandrefa        ••    ••    •    ••    •
                •    ••    •    ••    ••
                •    •    •    •    •

        est        ••    ••    ••
        tatinaña    ••    •    •
                •    •    ••
                •    ••    ••

        sud        •    •    •    ••
        tatsimo    •    •    •    ••
                ••    •    ••    ••
                •    •    ••    ••

Concernant l'énumération des combinaisons (les seize possibles, ou les huit qui sont des esclaves), il semble que Tsimboe ne puisse donner les nombres correspondant sans avoir les combinaisons sous les yeux. C'est en effet ce qui s'est passé lorsqu'il a répondu à ma question sur le nombre d'esclaves : après avoir placé les seize combinaisons, il a compté celles qui sont des esclaves et en a trouvé huit.

On a vu que la caractéristique d'un esclave est d'avoir un nombre impair de graines. Il m'a été impossible de trouver une manière de questionner Tsimboe sur cette propriété caractéristique, faute d'un langage commun à lui et à moi pour l'énoncer. J'en suis réduit à admettre qu'il effectue la distinction roi/esclave sans utiliser le critère de parité, mais seulement en mémorisant la liste des combinaisons de chaque classe. Mais on se demande alors par quel hasard extraordinaire cette répartition coïncide exactement avec le critère de parité, sans que cela soit explicite.

Comme tout bon mpisikidy, Tsimboe connaît plusieurs tokan-sikidy. Le premier qu'il m'a montré est reproduit ci-après, en indiquant les points cardinaux des combinaisons. Ce tableau contient une seule combinaison ouest (indiquée par des lettres capitales), les autres étant toutes sud ou est (on notera qu'il ne contient pas de combinaison nord, contrairement à ce que voudrait la condition (ii) de la définition des tokan-sikidy).

                sud    sud    sud    sud

                •    •    •    •    sud               
                •    •    •    •    sud               
                ••    ••    •    ••    est               
                •    •    •    ••    OUEST               

        ••    ••    ••    ••    ••    ••    ••    •           
        ••    ••    ••    ••    ••    ••    ••    •           
        •    •    ••    ••    ••    •    •    ••           
        •    •    ••    ••    ••    •    •    ••           

        est    est    sud    sud    sud    est    est    sud       

J'ai insisté auprès de Tsimboe pour qu'il me montre d'autres tokan-sikidy. C'est ainsi qu'il m'a révélé que les tokan-sikidy qu'il connaît sont notés dans un carnet ! Il est allé chercher ce précieux carnet datant de 1998 (couverture sur la coupe du monde de football). Il en a tiré deux tokan-sikidy :

                ouest    ouest    ouest    nord

                ••    •    ••    •    nord               
                •    ••    ••    ••    ouest               
                •    ••    ••    ••    ouest               
                •    •    •    ••    ouest               

        ••    •    •    •    •    ••    •    ••           
        •    •    ••    ••    •    •    ••    ••           
        •    ••    •    •    •    •    ••    •           
        ••    •    •    ••    ••    •    •    ••           

        EST    SUD    nord    ouest    nord    ouest    ouest    nord       


                nord    ouest    ouest    nord

                •    •    ••    •    ouest               
                •    ••    ••    ••    ouest               
                •    ••    ••    ••    ouest               
                ••    •    •    ••    est               

        ••    •    •    ••    ••    •    •    •           
        •    •    ••    ••    •    •    ••    ••           
        •    ••    •    •    •    •    ••    •           
        •    •    ••    •    •    ••    •    •           

        ouest    SUD    nord    est    ouest    nord    ouest    ouest       

Dans le premier, les combinaisons sont ouest ou nord sauf deux (est, sud), appelé pour cette raison tokan-sikidy in-droantily (tokan-sikidy « deux fois »). L'autre comporte une seule combinaison sud, appelée alimizan-daly tokanambiasy.

Comme j'insistais encore pour voir d'autres tokan-sikidy, Tsimboe m'a demandé une contribution financière, pour le dédommager de livrer des secrets aussi importants (nous avons convenu de la somme de 25.000 FMG), et il est allé chercher un autre carnet, plus ancien. Il en a tiré le tokan-sikidy suivant, appelé adabara tokañakabe (c'est celui qu'on voit sur la photo). Ce tableau comporte une seule combinaison est.

                ouest    ouest    sud    sud

                ••    ••    •    •    sud               
                •    •    •    •    sud               
                ••    •    •    •    nord               
                •    •    •    •    sud               

        ••    ••    ••    ••    ••    ••    ••    •           
        ••    ••    ••    ••    ••    ••    ••    •           
        ••    •    •    ••    •    •    ••    •           
        •    ••    •    ••    ••    ••    ••    •           

        ouest    nord    EST    sud    nord    nord    sud    sud       

Nous lui avons demandé s'il nous permettait d'acheter un de ses carnets, ou du moins de le photocopier. Il s'y est opposé, refusant même que l'on copie quelques pages, ou même seulement qu'on les regarde. L'utilisation de ces carnets dans un contexte de tradition orale est étonnante, car s'ils sont utilisés comme auxiliaires de la mémoire personnelle du mpisikidy, ils ne servent apparemment pas à la transmission de la connaissance qu'ils contiennent, c'est-à-dire à la mémoire collective.


1.4. Revandiñy à l'esprit « dérangé »

À Fort-Dauphin, j'ai fait une séance de travail, peu fructueuse comme on le verra, avec une mpisikidy nommé Revandiñy, qui disait connaître plusieurs tokan-sikidy, et qu'on nous avait présenté comme un maître.

Après diverses tentatives de construction de tableaux plus ou moins incohérents quant à leurs nombres de colonnes, il est finalement parvenu à celui représenté ci-après :

                C4    C3    C2    C1                   

                •    ••    ••    ••    C5               
                •    •    ••    •    C6               
                ••    •    •    •    C7               
                ••    ••    ••    •    C8               

        •    ••    ••    ••    ••    ••    •    ••           
        ••    •    ••    ••    •    ••    ••    ••           
        •    ••    •    ••    ••    ••    ••    ••           
        ••    ••    ••    ••    ••    ••    ••    ••           

        C12 =        C11 =        C10 =        C9 =               
        C8+C7        C6+C5        C4+C3        C2+C1           

On peut vérifier que ce tableau ne respecte pas les règles de construction habituelle, en examinant par exemple l'équation C2 + C1 =  C9 qui n'est pas satisfaite :

                ••     +     ••     =    ••    >     •
                ••     +     •     =    •    <     ••
                •     +     •     =     ••
                ••     +     •     =    •    <     ••

Pour comprendre cette bizarrerie, nous avons noté sur un papier la configuration des colonnes inférieures du tableau, puis nous avons supprimé ces colonnes, en demandant au devin de les reconstituer à partir des « mères » (les quatre colonnes du haut). Il lui a été impossible de retrouver les colonnes effacées telles que nous les avions notées.

Ainsi, Revandiñy pratique la divination en construisant les colonnes de ses tableaux de façon apparemment aléatoire (ou en tous cas non déterministe). Comme on s'étonnait de cette façon de faire différente des autres, il nous a avoué que son esprit était « dérangé ». On peut donc penser que sa pratique atypique est un cas isolé, et ne représente pas une technique de sikidy alternative de la géomancie habituelle pratiquée par les autres.


A LA DECOUVERTE DE L'ÎLE ROUGE

 
MADAGASCAR

De l'Afrique qui s'est séparée d'elle il y a 165 millions d'années, Madagascar a gardé la terre rouge et une faune et une flore à laisser pantois l'écotouriste le plus blasé. De l'Asie d'où est venue la majorité de sa population, elle a préservé les rizières. Madagascar n'est pourtant ni l'une ni l'autre : à 400 kilomètres à l'est des côtes africaines, la "Grande île", certainement la seule terre au monde à mériter le qualificatif d'afro-asiatique", possède une culture aussi originale qu'attachante.

Latérite et sable blanc, forêts tropicales et littoral d'exception, lémuriens et baobabs. Découvrir Madagascar, c'est aller de surprise en surprise. C'est aussi la satisfaction de participer au développement touristique de l'un des pays qui en a le plus besoin : épidémies, cyclones, invasions de criquets et instabilité politique n'ont en effet pas ménagé cette île extraordinaire au cours des dernières décennies, faisant de Madagascar l'un des pays les plus pauvres de la planète.

Généralités

  • Intitulé officiel : république de Madagascar
  • Superficie : 597 000 km² (légèrement plus grande que la France)
  • Population : 16 437 000 habitants
  • Capitale : Antananarivo
  • Peuples et ethnies : le peuple malgache est composé de 18 ethnies d'origine Indo-malaise ou africaine et de minorités française, Comorienne, indienne, pakistanaise et chinoise.
  • Langues : Malgache, français
  • Religions : Christianisme, religion traditionnelle, islam
  • Institutions politiques : Régime présidentiel
  • Président de la République : Marc Ravalomanana

  • PIB : 13 041 millions de $US
  • PIB/hab. : 840 $US/hab
  • Inflation : 5%
  • Croissance : 6,7%
  • Principales activités : Agriculture (vanille, sisal, café, clous de girofle) pêche, textile, tourisme. L'économie malgache est une économie de subsistance.
  • Principaux partenaires : France, états-Unis, Japon, Afrique du Sud, Allemagne
  • Infos pratiques

    • Visa : Le visa est obligatoire pour tous les visiteurs. Depuis peu, il est possible de l'obtenir à son arrivée sur l'île.
    • Santé : Aucune vaccination n'est obligatoire mais la situation sanitaire de Madagascar impose de s'entourer de précautions. Le paludisme, la bilharziose et autres maladies tropicales sévissent sur l'île. Purifier l'eau ou boire de l'eau minérale est obligatoire. Les légumes et fruits frais doivent être évités, à moins d'être épluchés. Vérifier également ses vaccinations contre les hépatites, le tétanos, la typhoïde. Prévoir une médication préventive contre le paludisme et une bonne trousse à pharmacie.
    • Décalage horaire : + 2 heures par rapport à la France (GMT + 3 heures)
    • Poids et mesures : Système métrique
    • électricité : 110 ou 220 volts. Le 220 volts est plus répandu

    Quand partir

    • Le climat varie considérablement d'une région et d'une saison à l'autre. La saison humide, puis cyclonique (novembre à mars) est la moins favorable, les pluies pouvant bloquer certaines routes. L'Est de l'île est par ailleurs pluvieux entre juin et septembre.

    Fêtes et festivals

    • 1er janvier : Nouvel An.
    • Mars : Alahamady B (Nouvel An malgache, plus discret que celui de janvier).
    • Mars/avril : Lundi de Pâques.
    • 29 mars : fête de l'insurrection. Elle commémore la rébellion contre les Français, en 1947.
    • Avril/mai : Santabary célèbre la première récolte de riz.
    • 1er mai : fête du Travail
    • Mai : Lundi de Pentecôte
    • 25 mai : Fête de l'organisation de l'unité africaine (OUA).
    • Mai/juin : Donia (festival de musique traditionnelle à Nosy Be).
    • 26 juin : fête Nationale (fête de l'Indépendance).
    • Juin : Fisemana : cérémonie de purification rituelle chez les Antakàrana.
    • 15 aout : Assomption.
    • Juin à septembre : Famadihana (retournement des morts).
    • Juin à décembre : Sambatra (circoncision).
    • 1er novembre : Toussaint.
    • Novembre/décembre : Gasytsara (festival de musique).
    • 25 décembre : Noël.
    • 30 décembre : fête de la République.

    Lectures recommandées

    • L'insurrection malgache de 1947 (Jacques Tronchon, éd. Karthala), passe en revue le rôle et les responsabilités des différents acteurs de l'insurrection malgache.
    • Lémuriens, primates de Madagascar, d'Eric Robert et de Sylvie Bergerot (Éd. Denoël, coll. Planète) vous fera pénétrer dans l'univers mystérieux et intime des lémuriens.
    • Le aye-aye et moi (Petite Bibliothèque Payot, coll. Grands Voyageurs) de Gérald Durrell, raconte l'expédition scientifique menée au début des années 90 pour sauver cet étonnant lémurien.
    • Avec Lucarne (éd. Le Serpent à Plumes), l'auteur malgache Raharimanana signe douze nouvelles où transparaissent la corruption et la pauvreté de l'île.

QUELQUES PHOTOS DE MASSINANDRIANA.

 

Quelques photos de

Massinandriana

ils ont besoin de vous !

CLIQUEZ SUR LES PHOTOS !

 

bientot noel a Massinandriana.divers pierres saisies dans la commune de Massinandriana.épave du coté de Massinandriana.épave suite.fillette de Massinandriana.gardes mobiles de Mssinandriana.la charue derierre les zébus a Massinandriana.la fete des ballons a Massinandriana.mairie de Massinandriana.mam a Massinandriana retour dans sa terre ancestrale.mampréparation de fête a Massinandriana.quelque fruits digne d'une toile.rien de mieux qu1 44 a Massinandriana.taxi brouse en banlieue de tana du coté de Massinandriana.arriere de l'école de Massinandriana.au coeur de Massinandriana.basketeurs de Massinandriana.bientot noel pour les enfants de Massinandriana.classe de Massinandriana.classe de Massinandriana 2.école de Massinandrianala charue derierre les zébus 2.maison de ma grand mère avant les travaux a Massinandriana en 2000.maison de ma grand mère a Massinandriana avant les travaux en 2000.petite promenade du coté des rizieres de Massinandrianareste d'une maison en ruine et en démolition a Massinandriana.Ancienne école au coeur de Massinandriana.avant les traveaux 2Avant les traveauxC'est la fête a massinandriana.D'originefaut travaillerjardin%20d%27eden%20au%20coeur%20de%20massinandrianajardin%20d%27edene%20a%20massinandrianala fête des ballonsles traveaux continusMa tante dans le jardin d'eden 2Ma tante dans le jardin d'edenMon regrété grand oncle a Massinandriana, paix est son âmePetite orpheline de Massinandriana.Petite promenade dans les rizières.Préparation des fêtesreste d'une maison en ruine.Taxi brousse en direction de Massinandriana.vive Massinandriana. 

Si je le pouvais je ferais beaucoup de choses pour tous les enfants de Madagascar, mais la réalité est toute autre chose.

Je suis née malgache, et ce village est le pays d’origine de ma maman. Petite, je fréquentais son église, que je revois encore. A une certaine époque de ma jeunesse, je remarquais déjà, l’évolution de la population, beaucoup d’enfants y vivent avec leurs parents, le loyer y est abordable, pour ne pas dire très bon marché par rapport aux villages voisins, mais les habitants sont très pauvre aussi.

Il n’y a pas de ressources paysannes, car il n’y a pas beaucoup de terres cultivable et pas de création d’emploi, il manque d’investisseur.

Ceux qui arrivent à s’intégrer dans les usines à quelques kilomètres y travaillent, en ville comme dans d’autres banlieues. Il y a des notables, même des étrangers qui vivent ici, en bon voisinage, on sait qu’à Madagascar la misère et l’opulence se côtoient sans heurts, et pourtant, ce village est à 500 mètres du lycée Français, PARADOXE.

Dans le village, il existe une école primaire construite il y a des siècles si on en juge par son état de vétusté digne du moyen âge, il n’y a même pas de courette pour la récréation, les enfants glanent dans les ruelles entre deux pâtés de maison en attendant la reprise des cours, le parterre est en terre battue en guise de plancher, les enfants du village n’y sont pas tous admis par manque de place. Ils comptent actuellement au nombre de 432 scolarisables.

Cette situation crée une discrimination involontaire, il y a ceux qui vont appendre et ceux qui vont erre dans les coins et recoins du village, inégalité tout court dés leur prime enfance et qui va se creuser au fur et à mesure que le temps avance. Cette école est obligée de fermer pendant la saison des pluie, la toiture est une véritable passoire et l’hiver le froid saisit les élèves, il n’ a pas de vitres pour fermer, il faut savoir qu’ici, la température peut descendre jusqu’à 15° en hiver.

La Laïcité – La Francophonie

Une école primaire accessible par tous, sans discrimination de races et de religions, une école basée sur la laïcité, une école où l’on vient pour apprendre aussi à vivre la différence, les civilités d’usage, ou les civilités tout court, en plus des matières d’enseignements habituels. Nous tenons aussi à cultiver la francophonie tout au long de la scolarisation, Une école gratuite…

Dossier déposé au ministère de l’éducation nationale :

Le 16 février 2006, nous avons dépose un dossier de demande d’une nouvelle construction de 6 salles de classe dans le cadre de l’éducation pour tous auprès du Ministère de l’Education Nationale à Tananarive. L’objectif est de pouvoir scolariser dès la rentrée de septembre 2006 les enfants scolarisables du village, continuer à construire un bâtiment bureau du directeur, la bibliothèque, le réfectoire, la cuisine et 2 petites douches. Il faudra donc les mobiliers aussitôt après la construction des 6 salles de classe.

Le Fokontany (quartier en français) fournit le terrain de 690 m², que les enfants ont déjà bien nettoyé. La Banque Mondiale vient de faire savoir qu’elle offre la construction de 3 salles de classe. Il nous reste, tout de même, à trouver des moyens financiers ou plus exactement des sponsors pour la construction de 3 autres salles de classe et ce que je viens d’énumérer plus haut… viendront ensuite les mobiliers (bancs, tables, tableaux noirs, et les fournitures scolaires).

Nous souhaitons vos coopérations, vous qui vivez heureux, de l’autre bout du monde ou tout près, vous qui êtes épris de liberté et d’indépendance, donc du savoir, pour que plus de 458 enfants par année scolaire au moins puissent accéder gratuitement à l’école afin d’y puiser leurs premières instructions pour leur premier pas dans la vie et avoir la chance aussi d’aller plus loin, comme nous le souhaitons. Il y aura chaque année au moins 40 élèves qui sortiront avec un certificat d’études primaires élémentaires et le même chiffre admis en 6ème. D’autres rentreront directement dans une école professionnelle, pour l’agriculture ou des travaux manuels. Peu importe, le tout c’est d’avoir au moins un minimum de base afin de pouvoir aussi vivre des formations professionnelles plus tard.

UNE CANTINE GRATUITE TOUTE L’ANNEE

80% des enfants ne se nourrissent pas toujours. Ceci provoque des difficultés pour eux à suivre avec assiduité leurs études. On dit bien " ventre affamé n’a pas d’oreille ". C’est pour quoi nous estimons que les enfants doivent prendre sur place un repas complet par jour.

POUR CONCLURE, que devons nous faire …

Si chacun de nous accorde de donner une chance d’aller à l’école à ces enfants du bout du monde, des enfants inconnus à 10 000 kms de Paris à vol d’oiseau, ce vaste chantier ne sera pas long à terminer.

Adhérez à notre association " ECOLE POUR TOUS – MADAGASCAR ". Plus nous serons nombreux, plus vite notre école sera bâtie et notre objectif atteint.

Versez 1 €, 2€… il n’y a pas de barème, pour bien faire, comme on dit : " un bienfait n’est jamais perdu ".

MASINANDRIANA est le nom du village où l’école primaire est en projet, ce nom veut dire littéralement SAINTE NOBLESSE, la noblesse du cœur, le vôtre tout entier.

Poème

Ecoutez les enfants de ce village
vous chanter ce petit refrain :

Sur la mer profonde

Les pêcheurs souvent

Luttent contre l’onde

Et contre le vent

Dans l’humble chaumière

Des petits enfants

Sans feu, sans lumière

Attendent, tremblotants

Ils n’ont pas d’avenir

Ils ignorent leur devenir

Ils vous appellent des yeux

Ayez pitié d’eux

Oui, vous qui sur la rive, vivez heureux, soyez pour eux leurs parrains, leurs marraines.




PAPA ET MAMAN,
 
Papa, maman je vous aime beaucoup !
Que les enfants du monde entier !
Chantent avec moi :
Nous sommes heureux d'avoir
Un père et une mère toujours unis
Et qui s'aiment  pour l’infini.
Maman tu as été choisie
C'est à toi que papa nous a confiés
Méfies-toi de sou et de la bouche au miel
Je te dis une seule chose sois fidèle
Papa, maman t’aime pour toujours
C est à toi qu’il donne son amour
Tournes ton regard aux anges de la terre
Si tu réussis, c’est mon bonheur

INDEPENDANCE..LIBERTE...TOTAL AUTONOMIE

INDEPENDANCE LIBERTE TOTAL AUTONOMIE.

De De Gaulle à François Mitterrand et de Declerq à Mandela, l’objectif est de voir les pays du sud maintenir son indépendance, garder sa liberté, acquérir sa total autonomie.

Or, nous savons qu’il n’y a pas de VRAIE LIBERTE sans INSTRUCTION.. On ne peut parvenir au succès qu’en travaillant durement., nous constatons qu’un seul diplôme supérieur n’est plus suffisant pour acquérir les outils nécessaires dans notre Société. Les jeunes devraient tout faire pour obtenir un deuxième, voir même un troisième diplôme.. Mais avant d’arriver à son premier diplôme, il faut commencer par UNE EDUCATION DE BASE..tous les jeunes devraient y avoir accès. Autrement dit, il faut éradiquer la pauvreté, car c’est ce fléau qui empêche tous les enfants d’aller à l’école. il est donc de notre devoir d’être humain de leurs porter secoua gratuité scolaire devrait donc exister dans tout les pays, tout autant qu’une couverture sociale.

A Madagascar malgré les efforts déployés par le gouvernement, beaucoup restent à faire. La pauvreté gangrène le pays. Les enfants de cette grande île méritent aussi cette gratuité scolaire, car ils n’ont pas d’autres moyen d’aller a l’école.

Ils seront les hommes de demain, appelés a diriger leur pays. Ils ont droit à cette liberté, de choisir, de s’exprimer, de défendre leur opinion politico-social, de rester indépendants dans leurs actions, il faut donc commencer par une école primaire publique.

Court historique de Madagascar

Court historique de Madagascar



La 3éme île du monde, située dans l’Océan Indien, ancienne colonie française, indépendante depuis 1960, Madagascar compte aujourd’hui environ 18 millions d’habitants, alors qu’elle est plus grande que la France et la Belgique réunie.

Affable, accueillant, pacifique, le malgache reste profondément attaché à ses origines socioculturelles, ce qui fait aussi sa richesse pour son entrée dans la mondialisation.

La langue parlée est le malgache, qui a son dictionnaire académique, elle est facile à apprendre. Deux volumes de dictionnaire " malgache-français et français-malgache " coûte 30.000 ariary chacun (150.000 fmg) ou 11 euros environ du cours actuel.



Comme partout, chaque région garde aussi son dialecte !


Le pays est très riche en végétations luxuriantes, ses orchidées sont connues dans le monde entier, son ylang-ylang pour le parfum, ses phytovégétations sont les plus répandues. Ses plantes médicinales alimentent bien des

labo- pharmaceutiques dans le monde. Il a au ventre ses pierres semi précieuses et précieuse, même si elles ne sont pas toujours bien exploitées. Madagascar a de grand espoir de voir sous son sol aussi de l’or noir dans les décennies a venir.

Le climat est celui de tout les pays tempérés.. chaud en saison de pluie..tempéré en saison sèche, la température tourne autour de 18 et 26 ° en moyenne toute l’année. Les principales culture sont nombreuse et variables suivant les régions : riz, vanille, cacao, cafés, girofles, letchies, mangues, pour n’e citer que ceux là.



Les crustacées ( langoustes, crevettes, langoustine, ) de Madagascar sont également sur le marché mondial encore timidement certes mais en bonne voie de développement.

Il reste les infrastructures routières à parfaire pour la pleine réussite dans ce domaine et même dans d’autres. mais laissons le passé au passé et soutenons l'avenir et devenir de ce grand pays qui a ses mérites et sa place dans le monde.





Fête des associations.

Fête dés associations & DAËLINDIA et le HIP HOP

Nous avons participé le 25 septembre 2005 à la fête associative organisée par la ville d'EVRY dans l'essonne.

C'était notre première manifestation.

Celle ci s'est avérée très riche en rencontres et nous avons pu percevoir l'intérêt porté par nos concitoyens sur la situation de ces enfants malgaches.

Notre stand était aux couleurs de Madagascar et nous avons exposé quelques objets artisanaux.



e'mail de L'associatioin : ecolepourtousmadagascar@yahoo.fr

Merci à tous ceux qui sont venus à la fête des associations qui a eu lieu le Dimanche 25 septembre 2005 a Evry dans l’Essonne.

Nous avons trouvé des associations proches de la nôtre, tout c’est très bien passé. Notre association aura besoin de vos dons, pour voir construire une école à Massinandriana. Merci à tous



Association DAËLINDIA et le HIP HOP




Le 22 juin 2006 a été une soirée de bonheur pour l'association ECOLE POUR TOUS MADAGASCAR...au cours de laquelle , Julien et Stéphanie (Président,et et Secretaire de l'association Delael..hip hop ) ont remis , un chèque de 800 euros à Nathalie et René (secretaire et tresorier de école pour tous madagascar)..

En sachant cette heureuse nouvelle, la Présidente Rivo Raliarivelo Mariette, actuellement sur place à Masinandriana, s'associe aux autres membres de ecolepourtous madagascar pour remercier chaleureusement les généreux donateurs..Elle s'emploie vivement pour récolter des fonds auprès des autorités, des civils et d'autres qu'elle souhaite aussi généreux que l'association Delael..hip hop..Encore très sincères remerciements et bravo à L'assoce Dela Hip Hopn grand merci et un gros bravo à tous :

Aux membres de l’association :


MORAUX Julien (Président)

RAKOTOBE Stéphanie (Trésorière)

MORAUX Linda (Secrétaire)

Aux organisateurs, musiciens, artistes, DJ, présentateur…

A tous ces jeunes danseurs

Et à toutes les autres personnes qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à cette manifestation.

Quelques photos de cette soirée magique !

MERCI POUR VOTRE GENEROSITE.

 
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masinandriana ou Masinandriana Ilafy .Mon père il est de Masinandriana Ilafy et ma tante est instutitrice à l' ecole primaire elle habite juste à côté de l' ecole
May 3

Xbox Live GamerCard

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